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REGISTRES DU BUREAU
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[i56i]
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CLXXVI. — La prinse de frere Jehan de Han, Minime. ■ Mons1- le prince de La Roche sur Yon envoyé à Paris.
n décembre 1561. (Fol. io5r°.)
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De par le Roy. "Trés chers et bien amez, ayant sceu qu'il s'est offert ii Paris quelque apparance de trouble à l'occasion de la prinse que nous y avons faict faire du Minime(1) avecq grande et juste occasion, nous avons bien voullu que nostre trés cher et trés amé cousin le prince de La Roche sur Yon soict retourné en lad. Ville pour pourveoir et donner ordre à ce qu'il verra estre necessaire pour y comprimer d'heure tous commencemens de troubles et séditions, en quoy comme en toutes aultres choses qu'il vous ordonnera et commendera pour le bien de nostre service, nous vous mandons et enjoignons que vous ayez à l'obeyr
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et à y employer tous voz moyens, le croyant de ce qu'il vous dira de nostre part, suyvant la charge que luy en avons donnée, tout ainsi que feriez nostre propre personne; si n'y faictes faulte, car tel est nostre plaisir.
«Donné à Sainct Germain en Laye, le xi" Decembre 1561'2', n
Signé : CHARLES.
Et au dessoubz : Bourdin.
Et au doz desd, lettres est escript : .4 noz trés chers et bien aînez les Prevost des Marchans et Eschevins de nostre ville de Paris.
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CLXXVII. — Pour la resignation d'ung Conseiller de Ville. — Sire Jehan Le Sueur receu Conseiller de Ville.
i3 décembre i56i. (Fol. io5 r°.)
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Du samedy, xui° jour de Decembre mil vc lxi.
En l'Assemblée tenue en l'Hostel de lad. Ville de Mess" les Prevost des Marchans, Eschevins et xxiiii Conseillers de lad. Ville, pour adviser sur la resignation que entend faire sire Claude Le Sueur de son estat de Conseiller de lad. Ville, au proffict de Jehan Le Sueur, son frere, en laquelle se sont trouvez, asscavoir:
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Mess™ les Prevost des Marchans et Eschevins, monsr Hannequyn, monsr de Charmeau, monsr de Villeabry, monsr de Livre, monsieur le Lieutenant particulier, mons' de Jumeauville, monsr de Bragelongne, mons' Du Gué'3', mons' de Chambourcy, monsrLarcher, monsrLelièvre, sire Jehan Crocquet, sire Pierre Crocquet.
En laquelle Assemblée s'est presenté m" Nicollas
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C Jean de Hans, religieux de l'ordre des Minimes, à peine âgé de trente ans, originaire de Saint-Quentin, s'exprimait "avec une grande facilité de langue et d'esprit» (Et. Pasquier, Lettres, t. IV, p. i2-i3). Il prêchait l'Avent dans l'église de Saint-Barthélemy et montait en chaire deux fois par jour; la foule se pressait à ses sermons, qui attaquaient avec violence les huguenots, le Roi et son entourage. Suivant le témoignage d'un contemporain, on l'estimait et le tenait pour «le plus hardy prescheur, le mieux discourant toutes hystoires, lant sainctes, evangelicques que prophanes, qui fust en France pour lors». (Bourquelot, Mémoires de Claude Haton, t. I, p. 215). La Cour, avertie dès le i3 novembre par le Parlement des prêches qui se faisaient journellement et "engendraient de grandes séditions», finit par s'émouvoir de cette hardiesse de langage et envoya une troupe de 8o hommes armés sous les ordres du prévôt Rouge-Oreille pour enlever ce Minime. L'expédition eut lieu dans la nuit du io décembre; le religieux fut saisi, garrotté, conduit à Saint-Germain par bateau et présenté au Roi, qui prit plaisir à entendre sa justification età le faire argumenter avec Théodore de Bèze. Cet enlèvement causa une violente rumeur parmi le peuple; aussi le Parlement, sur l'avis des marguilliers de l'église Saint-Barthélemy, s'empressa le jour même d'écrire au Roi que quelque grande émotion était à craindre. Charles IX répondit le 11 décembre et envoya le prince de La Itoche-sur-Yon à Paris pour apaiser les esprits et faire en sorte que le Minime, «indiscretet téméraire en ses sermons,» fût remplacé par un autre prédicateur. Du reste, Jean de Hans n'était pas le seul prédicateur compromettant; d'autres encore, qui prêchaient à Saint-Merry, à Saint-Eustache, à Saint-Jacques-de-la-Boucherie, se firentégale-ment remarquer par la virulence de leurs discours el furent l'objet d'enquêtes instruites par les soins du Parlement. L'évêque de Paris lui-même avait dû reconnaître son impuissance à cet égard, avouant que b quelque diligence qu'il ayt sceu faire vers les curez et prédicateurs, il n'en est sceu venir à bout» et il avait prié, en désespoir de cause, le prince de La Roche-sur-Yon d'y mettre bon ordre. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1" i5gg, fol. 163, 168-1 70.)
(" Ces lettres du Roi relatives à la prise du minime Jehan de Hans se trouvent dans Cimber et Danjou, Archives curieuses de l'histoire de France, 1" série, t. V, p. 226.
(3) Plusieurs noms sont défigurés dans le Registre, notamment ceux des conseillers de Bragelongue et Du Gué, quo l'on appelle Bvebmgm et Du Jure.
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